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Rencontre-débat : Développement durable, la sonorisation peut-elle être moins énergivore ?

Rencontre-débat : Développement durable, la sonorisation peut-elle être moins énergivore ?

17 novembre 2020

[ RÉSUMÉ ET PODCAST ]

 

RENCONTRE-DÉBAT EN LIGNE
mardi 24 novembre de 14h à 15h30 
 

ENVIRONNEMENT - LA SONORISATION PEUT-ELLE ÊTRE MOINS ÉNERGIVORE ET TENDRE VERS LE DÉVELOPPEMENT DURABLE ?  


Les festivals et les salles de musiques actuelles accueillent toujours plus de publics. Seulement, entre la sonorisation et les lumières, l’énergie déployée pour la mise en oeuvre de ce matériel est considérable, la facture énergétique conséquente et les émissions carbone toujours trop importantes. Est-ce que des matériels ou des usages compatibles avec l’écologie se développent ? Est-ce qu’il est possible d’obtenir le même niveau de qualité sonore avec des matériels moins énergivore ? Est-ce que l’idée que l’on a des grands rassemblements d’aujourd’hui est un modèle tenable pour l’homme et son environnement ?

Animation :
Maxime MOLÉ - représentant du Groupe de Travail Ecologie au SMA - Syndicat des Musiques Actuelles
Maxime THIBAULT - Pôle Musique et Innovation du CNM-IRMA

Intervenants :
Monsieur MÔ - label manager - Jarring Effect Label
Yoann LAMARCHE - fondateur du festival O'Zénergie et de Mobivolts
Matthieu DELQUIGNIES - ingénieur du son D&B Audio
Maryline LAIR - directrice du Collectif des festivals bretons
Bernard POURRAT - concepteur de Lu Sound 
Fabien DESPLAN - directeur technique du 106 (Rouen)

> Participation gratuite sur inscription

 

 

Organisée en ligne en raison du contexte sanitaire, cette rencontre vise à esquisser un premier état des lieux de ce qui existe pour évaluer et réduire la consommation d’énergie des installations sonores. 

LA SONORISATION PEUT-ELLE ÊTRE MOINS ÉNERGIVORE ?

Résumé

Évaluer la consommation d'énergie du son de scène.

Yoann Lamarche de Mobivolts nous raconte en avoir fait l'expérience lors du festival O’Zénergie sonorisé avec le kit Lu Sound. Il a pu constater que le bilan Carbone du son (211 Kg de CO2) était moins élevé que celui des lumières (244,83 kg de CO2). Matthieu Delquignies de D&B audiotechnik l'explique par le fait que la consommation de la lumière est continue tandis que celle du son est impulsionnelle. Les lumières de scène sont donc beaucoup plus énergivore que le sonMaryline Lair qui dirige le collectif des festivals fait aussi le constat que le son n'est finalement pas le plus gros bilan carbone d'un festival. L’impact le plus important est celui des transports, suivis de la restauration.

Calibrer ses besoins pour combattre le gaspillage d'énergie. 

Le Collectif des Festivals, engagé dans le développement durable, a effectué 5 ans de mesures sur les dépenses énergétiques d'un festival ce qui a permis de  baisser la consommation d'énergie de 30 à 40% en dimunant les groupes électrogènes qui occasionnent de gros gaspillages. 

Fabien Desplan, directeur technique du 106 (Rouen) utilise un nouveau système pour suivre la consommation par famille (son, lumière) du bâtiment. Il projette de l'utiliser sur la prochaine édition du Festival Rush, dans le cadre duquel, il se sont rendus compte que le food truck était beaucoup plus gourmand que le système de sonorisation de la grande scène... ! Un travail est prévu pour limiter le nombre de groupes électrogènes.

Tester les solutions techniques alternatives. 

Selon Yoann Lamarche concepteur de Lu Sound on peut combattre le gaspillage et la consommation d’énergie fossile en utilisant de petits groupes électrogènes avec un générateur solaire. Il affirme que les modules photovoltaïques sont aujourd’hui assez puissants pour fournir de l’énergie pour des systèmes sonores plus importants. De plus,cette solution a l’avantage de réduire la distance de câblage. 

David Morel de Jarring Effects s'inscrit totalement dans cette recherche de solutions alternatives avec le festival qu'il a initié et dont l’ambition est de limiter au maximum la consommation d’énergie. Il déplore les abus de certaines fiches techniques sur les demandes de matériel son. Selon lui, consommer moins c’est aussi un choix. 
 

Mutualiser l'équipement et exiger des prestations écoresponsables.

Maryline Lair vante la mutualisation du matériel de sonorisation comme véritable atout pour les organisateurs de festivals car il permet de réduire les coûts et d’acheter un matériel avec des exigences écoresponsables plus élevées. Elle alerte cependant sur les questions d’ordre logistiques (stockage, propriété, transport, entretien) qu’il s’agit d'anticiper pour rendre l’expérience concluante. David Morel voit aussi dans la mutualisation du parc d'équipement comme un atout pour les petits et les grands festivals. Il cite l'exemple des remorques solaires dont plusieurs petits festivals pourraient bénéficier en petit nombre et qu'un évènement de grande envergure pourrait réunir afin d’alimenter tout le festival. 

Matthieu Delquignies constate qu’il est encore assez rare que des clauses environnementales et eco-responsables soient indiquées dans le cahier des charges des différents marchés et pourtant cela pourrait contribuer à impliquer les prestataires dans cette démarche.

Pour Yoann Lamarche, il faut en finir avec les groupes électrogènes surdimensionnés par rapport aux besoins. Comme en témoigne Bernad Pourrat, concepteur de Lu Sound, des tests effectués avec un système solaire ont donné des résultats surprenants : malgré un ciel ombragé,  le système solaire s’est avéré suffisant pour alimenter un système son. Selon lui, un concepteur d’enceintes  peut aussi agir sur le choix des composants, l’impédance des boîtes, l’utilisation de filtres passifs. 

Les questions posées par les internautes à la fin du wébinaire ont soulevé deux problématiques : l’obsolescence programmée et les conditions de remplacement du matériel qui doivent être un critère essentiel à prendre en compte dans le choix du matériel. 

Un internaute a également soulevée la question des fiches techniques qui imposent un matériel spécifiqueIl semble donc indispensable d'associer les artistes et producteurs à cette réflexion dans un prochain débat. 

La rencontre ouvre ainsi de nouvelles perspectives d'échanges sur cette thématique qui s’inscrit dans une réflexion globale du secteur des musiques amplifiées en matière de développement durable. 

A suivre donc...

 

La 1ère table ronde du cycle thématique d’AGI-SON sur l’impact environnemental de la sonorisation est disponible en replay.