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Interview de Sylvie Chauchoy, directrice du Zénith de Strasbourg sur le décret "Son"

Interview de Sylvie Chauchoy, directrice du Zénith de Strasbourg sur le décret "Son"

2 juillet 2021

Le Zenith de Strasbourg, le plus grand de France dispose d’une jauge de 12 079 spectateurs et accueille (en temps normal) une programmation d’environ 90 spectacles musicaux par an. Sa directrice, Sylvie CHAUCHOY, est également représentante du Prodiss au sein du Conseil d’administration d’AGI-SON. Elle répond à nos questions sur l’impact du décret « Son » :


Rencontrez-vous des difficultés à appliquer le décret « Son » au Zénith de Strasbourg ?

Oui, aujourd’hui c’est pour nous irréalisable de respecter la mesure  « en tout point accessible au public ». Il y a évidemment une différence d’exposition au son entre la personne qui est devant les crash barrières, le spectateur qui se situe au milieu de la fosse, ou encore celui qui est assis dans la troisième couronne des gradins. En effet, si les systèmes de diffusion sont de plus en plus directifs et en hauteur, les hauts-parleurs des basses fréquences sont encore très souvent posés au sol, donc à proximité du public. 

En quoi la réalisation de  l’ Etude d'Impact des Nuisances Sonores pose des questions dans les salles de type Zénith ?

Il faut savoir qu’une salle de type Zenith n’a pas de sonorisation fixe. Chaque production vient avec son propre matériel et l’installe le jour même du concert. Le planning d’une journée de montage est très serré et débute dès 6h du matin avec un rythme non stop jusqu’à la montée des artistes sur scène Le décret « son » demande à ce qu’une EINS soit réalisée à chaque modification de la configuration de la salle ou changement de matériel; or, dans un Zénith c’est à chaque prestation! Le Zenith de Strasbourg a bien réalisé une EINS à la demande de la préfecture il y a quelques années mais quid de celle exigée par la nouvelle réglementation? Faudra t-il le faire à chaque installation de système de sonorisation? Ce serait totalement impossible mais j’espère que le législateur a bien cette réalité en tête.

 

Comment travaillez-vous avec les productions que vous accueillez pour faire respecter la réglementation sonore ? 


Les pratiques ont évolué et les nouvelles générations sont beaucoup plus enclines à respecter les niveaux sonores. Nous avons installé il y a déjà quelques années un système d’alerte qui nous informe si les niveaux sonores sont dépassés à la console. Auparavant, certains le débranchaient mais ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, il y a une plus grande responsabilisation des professionnels sur la gestion sonore.
C’est le résultat d’un ensemble d’actions. Le travail d’AGI-SON, les informations publiques sanitaires, la signalétique que nous avons mise en place en régie de façon bien visible…. Et puis, le dialogue qu’instaure notre régisseur avec l’équipe de production le jour de l’évènement. Cela reste parfois délicat avec certains artistes étrangers et dans ce cas, je m’adresse directement au directeur de production.


Vous interviendrez à l’automne à une des tables ronde « Pour un décret « son » qui ne réduise pas la scène au silence » programmée dans le cadre du tour de France AGI-SON#2. Quelles sont vos attentes ?

Je participe en effet à l’étape Grand Est le 8 octobre dans le cadre du Nancy Jazz Pulsations festival.  Il nous faut informer les politiques des difficultés que représente le décret pour le secteur et que cette préoccupation soit partagée car c’est avant tout un sujet lié à l’attractivité des territoires.